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Bienvenue sur le site "La Licorne", qui depuis Mi Mai 06 caracole sur les ondes marines, avec pour finalité une petite boucle ou circumnavigation.

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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 20:08

 

TDM Sept 2009 Transatlantique Transéquatoriale .

 

 

Bom dia, ca y est ! on est de l’autre côté de la piscine, on a fait un « coast to coast » maritime, une traversée à travers l’océan, une transat , une belle nav, de plus transéquatoriale , pour basculer vers l’autre côté de la terre, là où les gens marchent la tête en bas…

 

En fait, cette balade, la plus courte pour joindre les 2 continents, est  très différente sur le plan nautique, par rapport à une classique transat des alizés qui vous amène aux Antilles. Pour le comprendre il suffit de regarder une carte.


Pour les Antilles on est sur l’autoroute des alizés de NE qui soufflent régulièrement et vous poussent avec le courant tropical vers l’W (ouest) tranquillos comme Bombard l’a bien montré. On règle les voiles une bonne fois pour toute, au Cap vert cap à l’W donc, et voili 15 jours plus tard on est à la Barbade aux Antilles, à la porte de la Mer des Caraïbes.  La route Cap Vert Brésil a un cap SW où il faut passer une zone qui a longtemps angoissé les marins des temps anciens : le Pot au Noir, cette zone de part et d’autre de l’équateur, mouvante pouvant encalminer les bateau pendant des jours, voire des semaines, sans aucun souffle d’air, où le temps semble arrêté. C’est la ligne ITCZ sur la carte (zone de convergence des Alizés NE /SE intertropicale)

Donc pas de vents qui vous poussent, le but du jeu est de passer au plus vitre de l’autre côté de cette zone de calmes, vers les rafraîchissants alizés du SE de l’autre côté de la ligne équatoriale. Mais on reste sur des allures de prés avec beaucoup de réglages de voiles, et donc une traversée avec peu de vent ou du vent peu favorable qui rend la navigation éprouvante, ou du moins plus physique que la classique route antillaise.

 

Pour les voileux en fin d’article, ils trouveront un descriptif du routage suivi par La Licorne, avec ses déboires et ses avantages.


 

Donc 1650 milles nautiques (2980 Kms) pour rejoindre Fernando de Noronha, archipel Brésilien sis à 400 Kms du continent sud américain.

Mais ces chiffres ne vous disent rien sur la réalité d’une transat, il s’agit d’une belle balade de 14 jours, où vous vous retrouvez au milieu d’un grand cercle bleu magique…. Qui sépare le ciel de la mer : l’horizon. Magique parce que pendant des jours et des jours, vous en êtes le centre, le bateau semble le centre du monde, enfin le centre de votre monde.


 

Alors la vie à bord rythmée par les quarts, s’organise autour des activités nautiques, de manœuvres, de navigation à la table à carte, de rangements du bateau lorsque Neptune est tranquille et ne chahute pas la nef, de loisirs, lecture, guitare, de pêche à la traîne. De contemplation de ce monde océanique toujours changeant , de ce ciel qui au fil des milles change, où la rassurante polaire la nuit semble décidée à baisser pavillon pour se baigner de plus en plus rapidement dans le grand bleu.

 

Voici quelques clichés qui reflètent l'ambiance à bord:, et notre equif La Licorne à qui nous avons confié nos vie.

 

Petite bonite de la famille des thons....


Belle coryphène dorée.



Un spectacle pour jouer  Aranjuez

Je vous montre le spi asymetrique, mais je n'ai pu l'envoyer qu'une demi heure en 14 jours...




La traversée du Pot au Noir donne lieu à des visions de l’océan assez incroyables. Là à des centaines de Km de toute terre, vous êtes sur un lac, un miroir liquide que rien ne semble émouvoir.

 

 

 

Le Pot au Noir .... c'est ici.


Viennent de temps en temps de gros cumulus et cumulo-nimbus vous montrer pendant une demi-heure qu’il est trompeur de croire qu’ici rien ne bouge, et que les Dieux ont déserté le coin. En quelques minutes vous prenez 35 nœuds de vent, des tonnes de flotte sur la tête, les haubans hurlent, les voiles s’affolent, l’étrave écume. Et puis tout aussi brutalement, tout s’arrête sur l’ordre probable d’Eole, qui doit se marrer en regardant s’agiter l’équipage pendant l’épisode, puis qui magnanime, éloigne le grain de vous, demande à Zeus de ranger sa foudre, à Neptune de calmer les vagues ; et vous retombez dans cette nonchalance, cette quasi torpeur. La seule différence, est que du coin de l’œil vous surveillez l’horizon, pour voir si un nouveau coup de tabac n’est pas sur la route.

Joli grain adressé par Eole et Zeus



Autres spectacles dont on ne se lasse pas sont les bains de sa majesté solaire, ainsi que ses réveils, qui embrasent les cieux.

Du jaune


 

 

 



au rouge



A la sortie des zones de calmes nous retrouvons enfin, les Alizés de SE par 4° nord, et le rythme change, car même s’ils ne sont guère soutenus, les vents à force 3 voire 4 nous permettent de filer à 5/6 nœuds assurant de bonnes moyennes à 130 milles / jour mais, au prés bon plein, c'est-à-dire à la gîte…. Et la gîte pendant 6 jours ça donne ça :



Je précise que le filet est bien à la verticale....

Je précise que la cuisinière est bien à l'horizontale...



et l'horizon alors .... ?


 

La cuisine devient un art plus que culinaire, il faut être aussi équilibriste et avoir les tripes bien en place. Le maître coq alias le petit moussaillon du bord est top, et arrive même à nous faire une super soupe de poisson, et des petits plats sympas.

 

Quand tu arrives sur terre tu as l’air,… non tu es penché pendant quelques heures….

 

 

 

Cet Océan est quand même incroyable, personne, pas un quidam à l’horizon pendant des jours et des jours, des nuits et des nuits….

 

Et puis soudain un trauma visuel, il y a une silhouette qui déchire l’horizon ??? « c’est quoi  ce bord…. », le cercle est rompu…… « Oh regarde un bateau !!!», un gros

 Scandinavia qui se nomme donnant un peu plus de mirage à la vision qui se fixe sur ta rétine…

 

Une nuit pourtant l’alarme du Mer Veille (détecteur de radar) met tout le monde sur le pont (capitaine, officiers, équipage…tous les deux)… la recherche d’un esquif, d’une nef, d’un cargo s’éternise, « L’est où l’animal ? tu vois quelque chose ? » …. ET tout à coup là, un drôle de cargo tout feu éteint et qui semble tourner autour de nous, tel le squale furibond. Un avis aux navigateurs reçu il y a quelques jours par satellite, avertit qu’un bateau non identifié patrouille dans le coin et interroge par VHF les navires passant à portée, sur leur destination, leur  vitesse,.. etc se faisant passer pour un contrôle maritime. Va falloir sortir l’artillerie…., pourtant rien à la VHF. Nous surveillons le drôle, une bonne heure avant de le voir filer hors du champ visuel.  Ce bateau louche , (je crois qu’il s’agit du même) reviendra quelques nuits plus tard….

 

 

 Cargo louche dans la nuit.....



Nous retournons à notre occupation favorite, le spectacle de la vie marine, les exocets qui décollent  à la vue de l’étrave, les puffins, et autres Fous qui ne nous ont pas quittés depuis le Cap Vert,et qui parfois donnent lieu à des chasses d’envergure.


 Vol d'exocets

 

Celui là ? il a raté son amerrissage...

Copain Puffin

Attaque en piquet des fous et puffins.


 

Deux visites incroyables, en plein milieu, tout d’abord un papillon de nuit, comment a-t-il pu joindre La Licorne ?? né à bord ? puis quelques jours plus tard un petit passereau genre fauvette, est venu faire escale à bord, mais je n’ai pas pu la fixer  sur une photo.

 Bombyx Africain ? Brésilien ?


Une nuit un oiseau est venu se reposer sur le radar il avait  une frimousse inconnue.

 


 Oiseau clandestin


 

 

Et puis un jour ………. le  grand Jour,...le grand saut , la « big bascule »,….le renversement,….

 

Je résume en 2 photos:



Entre les deux...?  quelques minutes, quelques dizaines de mètres, et une seule explication :


GPS historique pour le Team La Licorne. 

 

 

ET oui, on est passé en quelques minutes du Nord au Sud, et de l’été à l’hiver …. La ligne mythique est franchie, et comme le doit la tradition responsable de déguisements, et festivités.

 

 

On est dans l’hémisphère austral, dans la partie du monde qui se tourne vers le Nord pour regarder la course du soleil, qui a des crampons aux chaussures pour tenir, dans la partie du monde où sévissent les 40e rugissants, les 50e hurlants et autres folies éoliennes qu’il faudra oublier….. non, je ne vous y emmènerai pas…. Pas cette fois ci du moins, il s’agit d’un tour du monde, cool, pépère, alizéen, intertropical, où la température de la mer descend rarement sous les 20°, alors vous pensez ! les vents fous, les glaçons qui viennent frôler la coque, ce sera pour une autre fois,… une autre croisière, un autre tour du monde, une autre Vie ?

 

Et donc après 1650 milles de croisère, les premières frégates sont venues nous rassurer sur la proximité de la terre promise,


et un beau matin aprés 14 jours de vie marine entre ciel et eau, le mercredi 7 octobre 2009, là bas, au bout de l’étrave, la terre, un pic pointe son doigt pour nous guider, voilà c’est Fernando de Noronha. C’est fini, le grand cercle bleu n’est plus… Mais on arrive au paradis, alors il ne faut pas se plaindre.


 Arrivée sur Fernando et son  pic.


 

 

On est de l'autre côté de la baignoire, belle course depuis Cannes
 

 

Un grand merci à la Licorne.






NB La Route transéquatoriale de La Licorne : le routage et la route suivie.

 

 

Pour faire bref, je vous écris le mail adressé à nos copines de Pickwick qui devrait faire le grand saut « soon » 

 

« Ola Pickwick girls,

 

Scusez moi pour le retard, mais les communications à Fernando de Noronha sont difficult. Ce d’autant plus que la traversée a été fatale aux portables (phone et PC).

 

Bon je vous raconte.  1310 milles en route directe, avec l’option de descendre vers le SE  vers le 24e voire 23e méridien, comme le conseille Cornell à ct’époque. Mais j’aurais du me méfier du british, car il a fallu galérer pour retrouver les alizés du SE, une fois le pot au noir passé, (l’ITCZ se perchait aux alentours de 8e parallèle), car nib les alizés en deçà, mais par contre le courant équatorial d’E lui il est là.  Et comme quand tu as de l’air c’est à coup sur du SW voire SSW qui s’époumone à 5 voire 7 nœuds réels !, ou tu files au prés à l’W sans rien gagner en S, ou tu files au SE voire ESE (avec 5 noeuds de vent je plafonne à 3 nœuds) + 1.5 à 2 Nœuds plein E de courant en route directe pour……… l’Angola….. super. Maman c’est loin l’Amérique, ?. tais toi et mets la bourrique ou vires de bord…. Je me suis retrouvé à 22°50’ W….

 

J’ai enfin attrapé les alizés vers le 4° N avec une belle galère du 10e au 4e, avec louvoyage entrecoupé de bourrique à 1200 tr/mn, et des moyennes correctes en surface 110 miles mais rikiki en fond 70/ 90 milles…

 

Bon quand enfin tu as de l’air alizéen ça file, mais au prés bon plein sur encore 800 nautiques. Au total 1650 en surface, 14 jours de mer pile poil avec 5 jours entiers de moteur, le reste à la gite tribord.. (y a des fois tu te dis que le cata ma foi……)

 

Donc si je résume : trop d’E au départ , une fois Brava passé il faut faire du S le long du 25e méridien, le plus possible, car en fait pour aller a Fernando tu dois faire 21 ° de S et seulement 7° d’W. De toute façon ce put... de contre courant équatorial te fera gagner en E suffisamment pour être au bon plein une fois trouvé les Alizés de SE. Bon, oublies le portant, l’asy et jettes par-dessus bord le spi.

 

Autre précaution gaffe aux cargos brésiliens qui naviguent sans radar, mais bon on en a croisé 3 en tout…

 

Mais un conseil, filez dès que possible car Fernando c’est l’Atlantide, voire l’Eden, tant tout est vert, les brésiliens sympas et chaleureux. Un vrai régal pour les sens, les rencontres, et tout et tout. Y a pas photo avec la sécheresse du Cap Vert et des Capverdiens.

Même si Fernando est cher avec sa taxe écolo, ça vaut vraiment les ronds, et puis c’est pour une bonne cause qu’on te fait raquer, pour une fois. C’est tellement beau Fernando que les yeux y te pleurent… !!!!!

 

Bisous do Brasil, c'est-à-dire chaleureux….

 

Le team La Licorne. »

 

 

 

 

 

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commentaires

Olivier 15/10/2009 19:13


Alors là, je dis chapeau, Captain !!!!
Have Fun in Brazil !!!


Braun E. 16/10/2009 21:51



Salut Olive ;


 


Comment as-tu fait pour savoir que le blog avait accouché d’une belle transat ? je n’ai pu t’envoyer de mail laposte.net refusant
ton adresse. Mais pas cette fois. Saches que demain tu pourras visiter l’Atlantide si le cœur t’en dit, sur le blog.


 


Une île où les plongées sont incroyables, t’as la tête dans un aquarium.


 


Je rentre début Dec pour les fêtes, j’espère qu’on pourra se faire une petite bouffe.


 


Gros bisous


 


Manuel dela Licorna y flibusta tan bien.