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Bienvenue sur le site "La Licorne", qui depuis Mi Mai 06 caracole sur les ondes marines, avec pour finalité une petite boucle ou circumnavigation.

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3 décembre 2006 7 03 /12 /décembre /2006 16:34

TUNISIE, Tabarka 25 novembre 2006 17H30.

Voici mon journal de bord , ou du moins quelques clichés de vie depuis mon retour de France.

 


Dieu merci la Licorne, reste accueillante, son carré chaleureux me câline le moral qui est en berne. La solitude décidément n'est pas mon truc. Déjà une bière ds le coco, a l'écoute d'Europe 1, après avoir zappé RMC et son TOC-foot pénible.

 
La France à battue d'un petit point les Pumas cet après midi en rugby. Au moins une bonne nouvelle. 



Dimanche 26 Nov 2006.

Lever ss but 7H30 , gym ss entrain... Petit déj ss faim, .....
Je vais voir si je tiens ici qq temps en solo, avec un carénage à la clé, ou si je décolle vers les Baléares afin de me donner l'illusion que je peux avancer encore.



Le 27 Nov Tabarka

Je ne suis pas allé à la zone technique, juste voir la météo au cyber café qui prévoie E SE jusqu-au Baléares pdt plusieurs jours.  C'est tout bon.

J'ai trop les boules pour attendre je décolle après formalités et plein de flotte.

Après tout ce n'est qu'à environs 310 Milles soit environs 550 Kms,  .... hein avec de bonnes palmes; .... non ça ne vous tente pas ?



Vent evidément ds le pif NW contrairement aux prév.

 

Salut Tabarka, M'slama sidi, Salut la Tunisie, vamos con Dio alla playa di Ibiza.


Je file sur la Galite plein N au prés serré. Pendant qq heures avant de faire route directe au moteur.


La bascule d'Est aura lieu finalement le soir vers 20H et durera tte la nuit.

Nuit chagrine où ttes les heures je me lève, je n'ai pas beaucoup fermé l'oeil, beaucoup pensé aux .."terriens"

Le 28 Nov 2006 09H00 locale, à 100 MN de Tabarka 200 de Porto Colomb a Majorque.


Je pensais qu'en mer avec La Licorne en solo, les dauphins, le soleil au couché, le plancton incroyable cette nuit, les étoiles filantes comme jamais, j'allais retrouvé un peu de calme et sérénité. Que nenni mon bon page,ce matin  après 20 h de nav  je me sens toujours aussi prolixe,... à partager mes impressions, j'en arrive presque à parler à mes mains, ...mais ça va s'arranger.  




Je m'explique, cette nuit j'ai vécu 2 événements qui sont assez exceptionnels ; d'abord, une étoile filante qui a parcourue une bonne moitié du ciel pendant au moins 2 voire 3 secondes, jamais je n'avais assister à un tel spectacle, (évidemment j'ai fait un voeux à la con...)

2e fait marquant : le sillage de La Licorne s'est tout à coup éclairé d'une myriade de boules et traînées phosphorescentes, comme un feu d'artifice en pleine eau, l'étrave soulevait des gerbes de lumière, jamais le plancton ne m'avait fait don de pareil spectacle ! 

Et bien je n'ai trouvé que mon clavier d'ordo à qui temoigner ce pestacle....




29 Nov 14h a 60 Mn de Porto Colom, àplus de 250 milles de Tabarka la tunisienne.

Moment asynchrone, assis dans le carré branlé avec une belle gite, tribord amure à plus de 6 nds, La Licorne tape dur dans la vague au bon plein, mais semble ravie de foncer ainsi dans la brise. Brassens au dessus de moi entonne « Putain de toi », tout est parterre, c'est le souk à bord, quel contraste avec cette nuit où une mer d'huile avec un ciel étoilé était parcouru de gros nuages qui diffusait la laiteuse lueur de la lune, assez impressionnant , pas un souffle d'air.

Seul le moteur qui ronronnait me disait que je n'étais pas mort... arrêté au milieu de nulle part, seul devant l'inéluctable,... Je savais après plus de 25 ans de pratique médicale à côtoyer miasme, souffrance, douleur, maladie, accident, et autre petit agrément réservé par la vie, que la grande leçon est l'acceptation de cette solitude devant la mort, la maladie.
Il me faut arrivé à 55 ans pour apprendre qu'il est faut aussi affronté la solitude du coeur esseulé. Ayant toujours eu la chance d'être accompagné lors de ma route et plutôt fort agréablement et joliment, je me retrouve seul au milieu de la Méditerranée, en pleine nuit sans aucun souffle de vent, sans aucun souffle de vie, où le temps semble s'être arrêté.. à penser à cet état de fait. S'agit-il d'une pause nécessaire à réfléchir à une éventuelle finalité de ce moment ? de mon parcours ? de mon aventure avec ... Qui ?
Plus de 36 heures au côté de ma Licorne qui partage avec moi cet instant calmement.


Je comprends mieux maintenant les sentiments anthromorphiques que portent les marins à leur nef, leur navire, leur bateau, qui semblent seuls à comprendre leur état d'âmes, leur vague à l'âme.


Le reste de la nuit je l'ai confié au destin et à la technique, autrement dit mon détecteur de radar dont la mission est de m'éviter l'abordage d'un gros tanker ou autre pétrolier. Mais je suis serein, et il faut que je dorme un peu. Je confie les rennes à La Licorne. Et puis je fais mienne cette profonde pensée philosophique des chauffeurs de taxi ivoiriens " Aujourd'hui... m'en fou la mort"

Et ce matin tout d'un coup au loin un horizon tout blanc d'écume alors que La Licorne se prélasse dans la marre, Eole arrive en coup de poing , j'ai juste le temps de me préparer à prendre une grande gifle. Heureusement j'ai déjà pris un ris pour la nuit bien que la météo prévoyait un NE de force 3.

20, 25, 30 rafales à 35 noeuds, La Licorne se couche mais le NE annoncé est un vrai nordet qui m'oblige à serrer, donc ça gîte sec, ça mouille itou. Je suis vite trempé, et après une demi heure de bagarre pour mettre sur le bon cap La Licorne, la météo m'annonçant un renforcement ds la journée, je pense qu'un 2e ris est de mise. Comme j'ai le rail de fargue dans l'eau même au bon plein, je décide de me mettre à la cape pour prendre tranquilou mon 2e ris, et peut être même arrisé la trinquette. La mise à la cape dans une bonne houle de plus d'un mètre et demi, demande l'appui du moteur. Malheureusement la bosse de ris casse et je ne peux réduire.
Tant pis je sais que je peux encaisser force 7 avec tout dehors, alors avec un ris je devrais même en solo passé.



Le 29 Novembre 2006 22H00 Porto Colom arrivée by night and moon.

Moins de 8H00 pour faire les 60 derniers miles, La Licorne à bien allongée sa foulée, presque 8 noeuds de moyenne c'est exceptionnel, mais le vent ayant tourné au NE c'est par vent de travers et même largue que j'ai parcouru cette fin de nav en surf et solo.

L'arrivée est un peu olé olé, 2 m de creux le moteur et le pilote n'arrive pas à maintenir, le temps d'affaler la trinquette, ma Licorne dans le lit du vent. Je finis par mettre foc à contre et pilote sur le vent et me bats pour étouffer la trinquette, il n'y a pourtant que 20-25 Nds de vent.

A moins de 500 m du goulet d'entrée toujours branlé par la houle, j'ai plus de facilité à affaler la GV, la rentrée dans la rade au radar est heureusement éclairé par ce quart de lune bien venu. Je pose la pioche à droite, bien m'en a pris car il y a une fourre de bateaux sur corps morts à bâbord du chenal et aucun n'a de feu de mouillage. Je suis devant la plage bien a l'abris.

Petits coups de fil aux terriens qui gentiment accueillent mon arrivée après cette belle calvacade solitaire, .

Le beau Phare de Porto Colom

 


Voili, j'ai fait quand même une belle nav en solo, pas de quoi porté la boucle d'oreille réservée aux cap horniers, mais bon il faut la mener La belle Licorne sur les ondes.

Le 30 Novembre 2006, Porto Colom

Je range un tantinet La Licorne, après le bordel de la chevauchée d'hier, pas trop de casse finalement, si ce n'est cette bosse de ris ( et non pas de rire, marin d'eau douce...).

Je mets l'annexe à l'eau , trime pour faire parler le hors-bord, et file dans la rade à la recherche de Soupe et Pipes, le boat des potos rencontres a Tabarka.. Il faut se rendre à l'évidence, ce n'est pas aujourd'hui que je vais avoir une longue conversation avec un « autre ». La capitainerie, me confirme le départ de Michel il y a déjà qq jours, et m'averti de l'absence de place au port et au mouillage sur corps-morts du fait de travaux de dragage en cours. Heureusement la plage où j'ai jeté et mon dévolu hier soir, et ma pioche, ne semble pas être concerné. Va falloir se priver de 220V et d'une bonne rincée d'eau douce pour ma Licorne.


Porto Colom est déserté nombres de bars, magasins, sont "cerrado" à cette époque. Je fini par dégoter un plan à l'officina de turisme et dénichent 3 cyber cafés, ouverts l'après-midi. Quelques emplettes dont du lomo, et des fruits .

Je fais un vrai déjeuner avec ma coryphène pêchée avant-hier, fritte dans huile d'olive et aulx. Surprenant, c'est non seulement mangeable mais bon . Fromage raisin café. Après 3 jours de biscuits, barres chocolatées, et autres jus de fruit ça réconforte.



Je ne sais trop quoi foutre de ma carcasse ici. Va falloir réfléchir.

Cyber café 2 euros /h  pas de news directe des potos, ils sont d'après leur blog partis sur Valencia, puis vers Gibraltar. J'en fais mon deuil.

 

 

 Je traîne dans les rues en fin de journée il fait jour un peu plus tôt. Je bois une cervezza ds un des rares troquets open, la barwoman me branche, ma no entiende mas el catstellano et encore moins le catalan... Je décampe. . Je fais un petit tour du côté de La Colonia et son église. J'y ai vue au moins 3 personnes en une heure, le catalan baléarien colonien est en voie de disparition va falloir que j'avertisse Hulot  et les verts...Retour en axe vers la douce Licorne, qui sagement m'attend

 

 

 

La Colonia, troupeau de pointus.

Repas, double film dont  phonegame avec Whitecare pas mal. Et dodo solo bobo.

 

 

 

 

 

 

Le 1er décembre 2006 Porto Colom.

 

 Je me réveille avec une évidencen vue la densité de la faune locale, je vais peut être aller faire un tour non pas du côté de chez Swan, mais du côté d'Ibiza, si la météo, Neptune et Eole sont de pair.  J'en ai rien à foutre de Majorque en solo. Autant aller dans un lieu réputé débauché... En Nov la débauche doit être quiescente, mais ce sera tjs mieux qu'ici.

 

 

 

Il fait beau, je passe la matinée à refaire ma bosse de ris, heureusement que j'arrive encore à cogiter, car lors du pet j'ai enlevé la bosse cassée et n'ai donc plus de guide ds la bôme... couillon de la lune !

Finalement c'est l'ennemi de l'homme et de Desproges qui me sauve, je veux parler du cintre, ou plutôt des cintres qui me permettent de remettre une bosse à poste.

 

 A 11H  je décolle direct sur la passe. 

La journée en mer n'a pu être que bonne, chaleur a poil le 1er décembre sur le pont,  belle bonite prise après ½ h de pêche comme d'hab. J'ai des protéines à revendre.

 

 

 

Je ne sais pas encore si je vais sur Sta Eulalia ou Ibiza et ses 3 marinas ? mais avec un peu de chance, demain il fera jour ?.

 

 

 

NUIT du 1er au 2 Décembre entre Majorque et Ibiza.

 

 

 

Et bien, ce n'est pas sûr du tout que demain il fasse jour...

 

 

 

Ca sonne sec, le Mer Veille (détecteur de radar) y va du klaxon !! ça patrouille bcp entre les îles même en décembre. J'ai bien failli me payer un chalut chalutant qui n'avait pas branché son radar. Du coup pas d'alarme et c'est un petit coup d'oeil salvateur, à moins que ce ne soit La licorne ou Neptune qui m'ont sauvé la mise et de l'abordage.

 

 

 

Puis à 50 MN d'Ibiza en plein milieu du parcours, le vent faibli de plus en plus et j'en appelle au moteur, après qq minutes, pouf  pouf .. pouf ...pouf......pouf.

 

 

 

(Bon: appartéé : j'en vois qui tiquent encore lorsqu'ils lisent Nds Noeuds, Mille Nautiques, Mn ou MN ; alors pour la dernière fois je vous raconte : 1 Mille = 1.8 Km ; 1 Noeud c'est la vitesse  = 1 Mn / heure soi environs 2 Km/h OK ? fin de l'appartée)

 

 

 

Je reprends, pouf,.. pouf... pouf.

Tiens qu'est-ce ? que n'entends-je ? plus rien . ?  NON  j'y crois pas je suis déjà à sec  !!

Petit tour sur la table à carte, au livre de bord,... 120 heures de moteur à   4.5 l/h ça fait bien les 500 litres mis à Yasmine.... Bon j'espère qu'il en reste un chouia dans le réservoir bâbord ...  Wallou !  Merde suis à sec itou...... Bon, Euh ... Eh... Eole tu viens .. ?

 

 J'ai beau lui faire de nouvelles offrandes (scotch , et incantations Cheyenne et vaudou), il dort le dieu des vents, il roupille un max, et moi et ma Licorne on se traîne à 2 Nds comme in pédibus.

 

 

 

 Bon,  il parait que la voile c'est l'école de la patience.... je ne sais, par contre grande pourvoyeuse de trou ds l'estomac, ça sûrement..... Je ne sais où ai-je foutu mon Inexium?

 

 

 

Dans le petit temps, on est toujours en train de manoeuvrer pour profiter du moindre souffle d'air. L'avait raison le grand Tabarly, quand il disait que c'était épuisant et qu'il préférait un bon baston, car « au moins y a rien d'autre à faire que de se planquer dans la bannette et roupiller » Bon faut pouvoir dormir dans un shaker, mais c'était Tabarly, normal.

 

 

 

6 NDS de vent réel ,   on reprend de la vitesse 2, puis  2.1 puis 2.2 puis 2 .4 ,   2.5  ouawou super plus que 20 heures pour rejoindre Ibiza...2.7.. 2.9,....  2.7 ?,  2.2 .??.. 1.8 ????  quoi,  QUOI encore !!!!,  (The captain says WHAT ?)

Merde j'ai embarqué dans ma folle course, une balise qui s'est entortillée autour de la dérive, faisant chuter brutalement la folle vitesse de ma nef .. plus d'une heure à essayer de me libérer de ce beau fanion, cette tendre bouée.. Je n'arrive pas à m'en défaire:.... au moins une qui ne veut pas me lâcher..... Non je déc,..... Enfin, déconne... pas tant que ça...

Sans moteur, à la voile on ne peut reculer je tente virement de bord,.. rien,  toutes les allures, je n?arrive qu'à  faire un beau cocotier dans mon génois autour de mon étai de trinquette ; Super ....

 

 

 

C'est la baume, que je relève avec la balancine qui soulève suffisamment la balise pour que je puisse with my super Leatherman (canif de marin costaud,... le couteau pas le marin), couper le bout.  Enfin libre, « Vas-t-en eh ?Salop? !!! »

 

 

 

Bon le cocotier maintenant.  Re vire de bord, remonte au vent, tire comme un sourd sur la toile, ça y est on est clair, tout est clair. «  Vais boire un coup, moi, j'ai soif « Non pas tout seul !,  avec La Licorne, qui me remercie de l'avoir libérée, d'Eole qui a du mal à se réveiller, Neptune, qui me berce de son petit clapot.

Il est 2 heures du matin ça fait 3 heures que je n'ai plus de moteur et j'ai parcouru 6 Miles ( à peine plus de 10 Kms).

 

 

 

Je reprend un tour de garde, avec réveil toutes les heures afin de ne pas en rajouter en cette douce nuit en solo.

 

 

 

Le 2 décembre de l'an de grâce 2006.

 

 

 

Pas mal Ibiza,.. vue d'ici.... On voit bien la citadelle qui se dessine sur le beau ciel bleu,... ça fait bien 3 heures que je la lorgne la belle forteresse, je suis scotchée à quelques encablures de la belle, et je vais la rejoindre,...bientôt,... j'espère...

Tiens y a de sacrés rafiots qui rentrent par la passe, va falloir qu'ils me voient si je déboule à cette allure (1/2 Noeuds.)  sinon je sens que je  vais tâter le sable de la rade d'Ibiza.

 

Midi et demi 25 heures de mer avant de mettre la pioche au pied de la citadelle pour 100 milles de nav, pas mal.

 

 

 

(pour les terriens la pioche , c'est l'ancre, pas l'encre. La baume c'est l'espar horizontal qui part du mat et tient le bord inferieur (bordure) de la voile. La balancine, c'est un bout (cordage) qui tient en l'air la baume. Une encablure égale environs 200 mètres soit 120 brasses

La mer c'est la grande étendue de flotte que vous voyez le long des golfes clairs, sur la côte...).

 

 

 

 

 Bon je vous montre quand même Ibiza Eivissa en Catalan avec quelques photos prises vraiment au hasard.

 

 

 

 

Arrivée au pas, au pas, au pas.

La citadelle

L'entrée du port.

Ibiza Quartier du Port

Bon je vous quitte A+.

 

 

 

 














 

 

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